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J'ai grandi entre la Provence et la Corse. Avant la céramique, je faisais de la photographie. C'est lors d'un reportage en Tunisie que j'ai eu la chance d'être initiée à la céramique au Centre National de Céramique de Tunis. Un moment hors du temps, dans ce lieu mystique où Sidi Kacem el Jelizi, Saint et céramiste tunisien a vécu et est enterré. Je n'avais jamais songé à la céramique et je n'avais jamais touché à la terre, ça a été une révélation. En rentrant à Marseille, j'ai cherché une formation que j'ai commencé trois mois plus tard, à Aubagne. Je suis ensuite retournée à Tunis pour le dernier stage, juste avant mon diplôme.

J'ai ensuite déménagé à Tours où j'ai ouvert mon atelier en septembre 2020. J'y produis mes pièces et y donne des cours de modelage et de tournage.

À l'origine, j'ai une formation en tournage, mais cette technique n'est pas compatible avec le rendu que je recherche actuellement. Je lui préfère les techniques de modelage et d'estampage, avec des terres que je compose et fabrique moi-même.

Je cherche des rendus organiques, naturels, imparfaits. Des pièces semblables mais différentes, inconstantes, poreuses, avec des teintes variables.

Je travaille une palette de couleurs qui rappelle celle de la Méditerranée. La Méditerranée c'est chez moi, et c'est une partie de moi. J'aime son paradoxe.

C'est ce que je tente de mettre dans mes pièces, et c'est ce à quoi je pense quand je crée. Elles sont rondes mais brutes. Elles sont solides et douces à la fois.